Septembre 2026
Biodéchets : et si l'évidence n'était qu'une habitude ?
Quel rapport entre une chanson d’Adriano Celentano et les camions ce collecte de biodéchets ? À première vue, aucun. Et pourtant… il suffit parfois d'un peu d'audace pour bousculer les évidences.
🎧 Avant de lire, écoutez !
En 1973, Adriano Celentano interprète Prisencolinensinainciusol à la télévision italienne. Prenez quelques instants pour écouter cette prestation d’époque. Essayez de comprendre les paroles…
Alors, vous avez compris les paroles ?
Le rythme est entraînant. Les intonations semblent familières. On croit reconnaître une langue, on cherche instinctivement à saisir le sens des phrases. Sauf que les mots sont inventés !!!
Avec Prisencolinensinainciusol, Celentano joue sur les sonorités de l’anglais et notre impression de perception. Cette chanson nous offre une jolie métaphore : Une chanson sans paroles compréhensibles, une collecte par automatisme. Et si on changeait de refrain ?
Mythe
« On a toujours collecté les déchets de cette manière. C’est donc forcément le modèle le plus logique. »
Réalité
Au-delà du confort de la routine qu'il faut parfois bousculer, le simple fait qu'une habitude soit installée ne prouve pas qu'elle reste la solution la plus adaptée.
Le camion-poubelle : une évidence depuis l’enfance
Nous connaissons tous la scène. Une poubelle se remplit, on la sort, un camion passe, elle est vidée. Puis tout recommence.
Ce fonctionnement nous est tellement familier qu’il devient presque automatique. Lorsqu’un établissement doit gérer ses biodéchets, il pense d’abord à la collecte : quel prestataire choisir ? Combien de bacs prévoir ? À quelle fréquence les faire enlever ? À quel tarif ?
Ce sont de vraies questions. Mais une autre mérite d’être posée avant de négocier le passage du prochain camion : que transporte-t-on réellement ?
Et si l’on commençait par regarder le contenu des bacs ?
Les déchets alimentaires contiennent beaucoup d’eau. Une masse inutile lors de la manutention, du stockage et du transport.
La déshydratation thermique permet d’en retirer une grande partie directement sur le lieu de production. Selon la nature des biodéchets et les conditions d’utilisation, la masse et le volume résiduels peuvent ainsi être fortement réduits.
Le résultat n’est pas un déchet qui aurait disparu : le résidu sec reste un biodéchet et doit être orienté vers une filière de gestion et de valorisation appropriée. En revanche, son stockage et la logistique peuvent être reconsidérés.
Mythe
« Pour améliorer la gestion des biodéchets, il suffit d’optimiser la fréquence et le prix des collectes. »
Réalité
La collecte est une partie de l’équation. Réduire les quantités à transporter en amont peut aussi changer l’organisation, les manipulations et, selon le contrat et les volumes, les coûts.
Un nouvel angle d'analyse
Il ne s’agit pas d’opposer les solutions de collectes aux déshydrateurs. Elle demeure essentielle pour acheminer les biodéchets vers les filières de valorisation.
Il s’agit simplement d’élargir le raisonnement. Au lieu de demander uniquement « Comment collecter mieux ? », demandons aussi « Peut-on réduire notre volume, diminuer la collecte et réduire nos coûts ? »
Attention toutefois à ne pas confondre réduction de masse et économie automatique : retirer 80 % de masse ne réduit pas mécaniquement une facture de collecte de 80 %. Le gain réel dépend des fréquences, des volumes, du contrat et de la filière retenue.
Mais en stabilisant la matière, on règle aussi des problèmes de conformité et de stockage des biodéchets.
La petite musique de nos habitudes
Revenons à Celentano. Sa chanson nous semble étrangement familière alors même que ses paroles ne forment pas de véritables phrases anglaises.
Dans nos organisations aussi, certaines habitudes deviennent si naturelles qu’on cesse parfois de les interroger.
La collecte des biodéchets n’est ni une illusion ni une erreur : elle rend un service indispensable. Mais cela ne nous oblige pas à considérer son organisation actuelle comme la seule réponse possible.
La prochaine fois que vous verrez un camion emporter des biodéchets, posez-vous cette question : transportons-nous uniquement ce qui doit réellement être transporté ?
Résumé
✔️ Une habitude n’est pas une preuve d’efficacité.
✔️ La collecte n'est pas la seule réponse à l'obligation de gestion des biodéchets.
✔️ La déshydratation thermique ne remplace pas la filière de valorisation : elle peut en modifier les contraintes logistiques.
✔️ Le traitement sur site, facilite la mise en conformité.
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